Illustration de couverture de « Pas cette baguette-là ! »

Pas cette baguette-là !

  • Magie
  • 8 min de lecture
  • Âges 6–8

Chapitre 1: La baguette qui glissa

Manon utilise sa baguette magique sur le boulanger dans une petite pièce extérieure.

Il était une fois une baguette magique qui glissa. Ce matin-là, Manon, apprentie fée, s'entraînait dans sa chambre, juste au-dessus de la boulangerie. C'était le jour des Trois Vœux : avant le lever de la lune, elle devait exaucer trois vœux du village. Alors, une étoile s'allumerait au bout de sa baguette, et Manon deviendrait une vraie fée. Sa baguette savait presque tout faire : recoudre, retrouver, réparer. Presque tout. Le jour où Manon avait voulu fabriquer un ami pour le chat du boulanger, elle avait obtenu un coussin qui miaulait. Manon la fit tourner. Un petit tour, deux petits tours, trois petits tours… et puis s'en va ! La baguette lui glissa des doigts, fila par la fenêtre ouverte, tomba, tomba… Manon courut à la fenêtre. Plus rien. Juste le boulanger, qui passait en bas avec son grand panier de pain. Trois vœux à exaucer. Et plus de baguette.

Chapitre 2: Pas cette baguette-là !

Deux jeunes filles avec des ailes de fée sont assises sur un banc sur la place du village avec un doudou.

Manon descendit l'escalier, une main sur la rampe, le cœur battant. « Monsieur Fournier ! J'ai perdu ma baguette ! — Et moi, ma chèvre ! soupira le boulanger. Noisette a filé cette nuit. Tiens, prends une baguette, j'en ai tout un panier ! » Et il lui tendit… une baguette de pain, toute chaude. « Pas cette baguette-là ! » Trop tard : il servait déjà Mamie Jeanne, la dame à la fenêtre toujours fermée, qui achetait une ficelle très fine. Premier vœu. Sur le banc de la place, Lou, six ans, serrait sa poupée Capucine. Le bras de Capucine ne tenait plus qu'à un fil. Sans magie, Manon réfléchit. Puis elle sortit de sa poche son ruban bleu. Elle hésita : c'était son préféré. Elle remit le bras en place et noua, bien serré, un nœud de fée : un tour, deux tours, une boucle. Capucine leva le bras. Lou leva les deux. « Merci ! Tu as perdu ta baguette ? Prends les miennes ! » Et Lou lui tendit… les baguettes de son petit tambour.

Chapitre 3: La piste des grignotages

Manon et une femme se tiennent devant un abri avec deux petites chèvres.

« Pas ces baguettes-là ! » soupira Manon. Mais elle les glissa dans sa ceinture, à côté du pain. Deuxième vœu : retrouver Noisette. Une chèvre, ça mange tout, pensa Manon. Il suffit donc de suivre ce qui est grignoté. Une chaussette grignotée pendait au fil à linge. Un chapeau de paille grignoté traînait sur un banc. Et dans le jardin du maire, toutes les roses étaient grignotées. (Le maire, lui, ne riait pas du tout.) Au fond du jardin, la porte de la cabane grinçait. Dedans, il faisait noir. Deux cornes. Deux yeux jaunes. « MÊÊÊÊÊ ! » Manon sursauta… puis éclata de rire. C'était Noisette, une rose dans la bouche. « Viens, Noisette, on rentre ! » Noisette planta ses quatre sabots dans la terre, et ne bougea plus.

Chapitre 4: Têtue comme une chèvre

Monsieur Fournier, Manon et une chèvre sont dans une rue pavée près d'une fontaine.

Manon appela. Noisette bâilla. Manon supplia. Noisette s'assit. « Têtue comme une chèvre ! » grogna Manon. (Ce qui, pour une chèvre, est assez normal.) Alors elle se souvint de la baguette de pain. Elle en cassa le bout. Croûte dorée, mie toute douce… Noisette tendit le cou. Un pas, un morceau. Deux pas, un morceau. Miette après miette, Manon traversa tout le village jusqu'à la boulangerie, Noisette sur les talons, et le maire juste derrière, bien décidé à la voir partir. « Noisette ! » Monsieur Fournier serra sa chèvre si fort qu'elle fit « mê » tout doucement. Deux vœux exaucés. Mais derrière le clocher, le ciel rosissait déjà : la lune n'allait plus tarder. Troisième vœu, le plus difficile : celui de Mamie Jeanne, seule derrière sa fenêtre fermée depuis l'hiver.

Chapitre 5: La ficelle de Mamie Jeanne

Manon et Mamie Jeanne sont dans une pièce et la vieille dame tient une baguette en forme d'étoile.

Manon frappa au carreau. Toc, toc. La fenêtre s'ouvrit, à peine. « Une fée ? Sans baguette ? dit Mamie Jeanne. Tiens, prends donc la mienne. Cette ficelle, impossible de la couper : elle est dure comme du bois ! » Et elle lui tendit… une baguette fine et dorée. La baguette magique de Manon ! (Vous, vous le saviez depuis le début, n'est-ce pas ?) Manon la serra très fort. Maintenant, elle pouvait tout réparer. Presque tout. « Et votre vœu, Mamie Jeanne ? — Oh, moi… J'aimerais tant que quelqu'un vienne goûter avec moi. » Manon regarda sa baguette. Elle repensa au coussin qui miaulait. Puis elle regarda les deux petites baguettes de tambour, dans sa ceinture. Et elle sourit.

Chapitre 6: Avis à la population !

Un chef sert du pain à Mamie Jeanne et Manon à une table devant une maison, la nuit.

BOUM ! BADABOUM ! RATAPLAN ! Manon tapa de toutes ses forces sur un vieux seau en fer, retourné sur les pavés. « Avis à la population ! Grand goûter chez Mamie Jeanne ! » Les volets claquèrent. Les portes s'ouvrirent. Lou arriva avec ses parents et Capucine, Monsieur Fournier avec Noisette et une montagne de tartines, et même le maire, avec une rose… un peu grignotée. Alors, Mamie Jeanne ouvrit sa fenêtre en grand. Puis sa porte. Et elle rit si fort que ses lunettes glissèrent. À cet instant précis, la lune se leva. Au bout de la baguette de Manon, une étoile s'alluma. D'habitude, avec la magie, un vœu faisait « pouf », et Manon s'envolait aussitôt. Ce soir-là, elle resta jusqu'à la dernière miette. « Une baguette pour la route ? » proposa le boulanger. Tout le monde attendit le fameux « Pas cette baguette-là ! ». Mais Manon tendit la main : « Si ! Celle-là, justement. »

Fin

La morale de l'histoire

Les plus beaux vœux s'exaucent avec les mains, la tête et le cœur.

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À suivre

Manon n’a pas fini sa nuitÂges 6–8Lire la suivante

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